Injustices épistémiques et linguistiques en recherche : partage de savoirs expérientiels

Auteurs-es

DOI :

https://doi.org/10.7202/1126634ar

Mots-clés :

injustice épistémique, injustice linguistique, domination de la langue anglaise, personnes chercheuses non anglophones, inégalités académiques, diversité linguistique

Langue(s) :

Anglais, Français

Résumé

Cet article traite d’une question rarement abordée et pourtant cruciale dans le monde académique: l’hégémonie épistémique de la langue anglaise et ses effets néfastes sur les personnes chercheuses non anglophones. En nous appuyant sur des écrits existants, des notions théoriques de nature éthique et nos savoirs expérientiels, nous mettons en lumière certaines des injustices épistémiques et linguistiques au cœur de la recherche. Cette domination linguistique sape la crédibilité de certaines personnes chercheuses, perpétue l’exclusion et a un impact sur la production de connaissances. Nous réalisons des exercices de pensée à partir d’expériences vécues pour illustrer comment cette hégémonie linguistique pénalise les personnes qui sont contraintes d’écrire, de présenter et de publier dans une langue autre que leur langue maternelle. Ces pratiques accentuent les sentiments de honte, érodent la confiance en soi et restreignent l’accès aux financements, aux distinctions et aux lieux de publication réputés. Nous utilisons le coin model de Nixon pour souligner comment des privilèges non mérités sont conférés aux personnes chercheuses anglophones, alors que les personnes chercheuses non anglophones sont confrontées à plusieurs barrières invisibles. Bien que l’anglais puisse servir de médium unificateur en science, son hégémonie réduit la diversité des perspectives, pourtant nécessaires pour faire face aux crises mondiales urgentes. Les injustices linguistiques et épistémiques nuisent non seulement à la carrière des personnes chercheuses non anglophones, mais aussi à l’effort scientifique collectif, en excluant des corpus de connaissances publiées ou partagées dans d’autres langues que l’anglais. Suivant Amano et ses collègues, nous plaidons en faveur d’une diffusion multilingue, d’un engagement conscient à l’égard des écrits non anglophones et d’une reconnaissance des contributions des personnes chercheuses non anglophones. Il importe d’établir un dialogue plus ouvert en faveur de la diversité linguistique en recherche.

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Publié

2026-06-22

Comment citer

[1]
Drolet M-J, Lafond V, Côté LP. Injustices épistémiques et linguistiques en recherche : partage de savoirs expérientiels. Can. J. Bioeth 2026;9:146-57. https://doi.org/10.7202/1126634ar.

Numéro

Rubrique

Témoignages